Pascal Hebel. La révolte des moutons. Les consommateurs au pouvoir. Editions Autrement. 134 pages.
Essai synthétique sur les évolutions de la consommation par la direction du département Consommation du Credoc.
L’essentiel est tiré des expériences de l’auteur. J’ai apprécié les informations précises sur les nouvelles modalités de consommer, même si je reste sceptique sur le déclaratif concernant l’achat durable.
Jean-Noël Kapferer. Réinventer les marques. La fin des marques telles que nous les connaissions. Eyrolles. 240 pages.
Excellent petit livre, très accessible, composé de coups de projecteur sur vingt sujets (et autant de chapitres) en relation avec les problématiques de marque. J’ai beaucoup aimé le passage sur la déterritorialisation des marques, notamment lorsque l’auteur observe la réaction des touristes chinois venant acheter à Paris et découvrant que les produits ont été fabriqués dans leur pays et acheminés en Europe pour retourner en Chine. Kapferer remet en cause le modèle des plates-formes classiques « qui ne sont pas une réponse à la crise des marques. » (p. 149).
Carole Barjon et Bruno Jeudy. Le coup monté. Plon. 212 pages.
Excellente enquête journalistique dont je n’ai pu me détacher après l’avoir commencée. Le livre donne un aspect de la violence en politique et des coups bas au sein d’un même mouvement politique. Il n’y a aucune révélation, c’est parfois répétitif, mais c’est extraordinaire au niveau des informations et de la vision de ce qui se trame dans les coulisses d’un mouvement politique.
Jean-Léon Beauvois. Deux ou trois choses que je sais de la liberté. Françoise Bourin éditeur. 125 pages.
Bel ouvrage de vulgarisation de psychologie sociale centré sur la question de la liberté. J’ai particulièrement apprécié les développements relatifs au processus de rationalisation de comportement de soumission, lorsque nous faisons acte d’obéissance ou par un déterminisme absolu, nous avons toujours besoin de nous considérer libre de l’avoir fait.
Au lieu de penser puis d’agir, l’auteur montre que nous nous dotons d’idées postérieures pour rendre nos actes moins problématiques. De même nous imputons toujours la cause à notre volonté : « Trouver en soi la cause de ce qu’on a fait, même quand on n’y est pour rien ou qu’on n’a fait qu’obéir. »
Stéphane Foucart. La fabrique du mensonge. Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger. Denoël. 304 pages.
Dans la ligne du livre d’Erik Conway et Naomi Oreskes, Les marchands de doute, Stéphane Foucart, journaliste environnement au Monde, nous livre ici une version française du problème de la manipulation des informations industrielles.
Outre le cas très largement documenté des cigarettiers, l’auteur traite de l’amiante, du réchauffement climatique, des pesticides, des perturbateurs endocriniens et des OGM. Le panorama des techniques utilisées pour nous persuader de l’innocuité de certains problèmes est impressionnant.