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Elections européennes, que retenir?

Une des difficultés de la vie politique, c’est d’être en permanence dans l’auto justification. Le résultat des européennes est il bon ou pas?

 

1. Le premier constat est que les efforts de mobilisation pour l’Europe ont été fructueux. C’est même inespéré, les 1ers résultats évoquent une participation à 51% alors que les taux d’abstentions avaient oscillés entre 57 et 59% depuis 2004. Le site d’information « Toute l’Europe » 1er site d’information sur l’Europe en France nous avait prévenu il y a quelque jours de scores historiques de consultations et laissait présager un fort regain de participation. Les efforts de mon comité Economique et Social européen, du Parlement européen à Paris ont beaucoup contribué à ce sursaut.

 

2. Le 1er parti arrivé en tête est anti européen. Alors que le travail effectif des parlementaires RN est insignifiant, les français l’ont placé en 1ere position. Depuis 2 ans, en tant que représentant de la société civile auprès des Institutions européennes, j’ai taché de contribuer à prouver la rôle effectif des institutions européennes. Nous avons participé aux consultations citoyennes européennes, participé à de nombreuses rencontres, avec le CESE francais et bien d’autres nous avons voulu montrer que l’Europe se faisait au plus près de nos préoccupations, tout cela n’a pas été entendu et l’Europe a peu été entendu dans le scrutin où les thèmes de politiques nationales ont été dominant. Et si on dépasse les comptes de suffrages Droite/Gauche, les mouvements anti européens dépassent le tiers des votes exprimés. Lourd échec dans un pays qui fut au lancement de la construction européenne.

 

3. L’écologie réalise toujours un excellent score surtout sinon ajoute au score d’EELV les résultats du parti animaliste et ceux de Urgence Ecologie que les sondages donnaient à 0,5 et qui atteint 1,9% ce qui n’est pas négligeable vu la profusion des listes.

 

4. L’avenir se présente sans beaucoup d’espoir. Les débats télévisés se centrent sur la politique partisane nationale. Et les médias n’évoquent que du bout des lèvres le résultat dans les autres pays alors que seul le résultat global pourra nous indiquer le réel visage de l’Europe pour les 5 prochaines années. Il y a encore un gigantesque travail à effectuer.

 

Ma candidature

 

En mai 2017, je n’ai pas voté Emmanuel Macron au 1er tour. Mais, pro européen convaincu, j’ai rapidement été séduit par ses prises de position pour une refondation de l’Union Européenne.

 

J’avais alors été rencontrer à l’Elysée son responsable aux affaires européennes pour définir quel pouvait être le rôle de la société civile dans cette refondation. Etant le point de contact de la société civile organisée au Comité Economique et Social Européen, je m’estimais légitime pour travailler sur ce rôle.

 

Je me suis ensuite rapproché du cabinet de Nathalie Loiseau, Ministre en charge des affaires européennes, pour lui proposer que mon Comité soit la rampe de lancement des consultations citoyennes européennes. Elle intervint sur mon initiative lors d’une de nos sessions plénières et nous organisâmes un panel citoyen originaire des 27 états de l’Union Européenne pour élaborer le questionnaire de ces consultations.

 

Le rappel constant à la société civile, les contacts que j’établissais, ma connaissance des institutions européennes, tout cela m’a fait envisager : « Pourquoi pas moi ? ».

 

Devenir parlementaire européen me permettrait d’être plus efficace qu’au CES européen. Je me suis donc progressivement investi, notamment en participant au pôle en charge de l’élaboration du programme de LaRem pour les européennes.

 

J’ai donc adressé en octobre dernier ma candidature à la commission d’investiture. Après plusieurs mois de black-out, la liste des éligibles vient d’être publiée et je n’en suis pas.

 

Je suis bien sûr déçu, d’abord parce que je m’étais beaucoup investi dans cette ambition et que je croyais vraiment à l’engagement annoncé par le Président de la République d’une large place à la société civile.

 

C’est donc un échec. Le combat était difficile puisque, en éliminant les proches du Président et les alliances politiques, il ne pouvait y avoir que 3-4 personnes en position éligible et que nous étions 2 700 candidats.

 

J’en retiens trois idées :

  • D’abord, comme toujours, dans les épreuves importantes, nous sommes déçus par des proches, et à l’inverse, nous sommes fortement soutenus par des personnes plus lointaines. Je crois que c’est une caractéristique constante de toutes les épreuves, positives ou négatives.
  • Moi qui m’intéresse beaucoup à la communication politique, j’ai cherché un livre qui puisse m’aider. Mais tous les ouvrages sont écrits dans l’objectif de se faire élire, jamais d’émerger en aval de l’élection.
  • Il n’y aura pas de deuxième tentative. La politique nécessite un fort tempérament, avec une forte dose d’extraversion. Ce n’est pas ce qui me caractérise le plus.

 

Je suis un peu décontenancé par la liste des éligibles. Je m’attendais à voir plutôt des leaders politiques ou des militants fortement engagés dans le parti, il n’en a rien été et la liste LaRem pour l’Europe m’apparaît singulière, et j’y cherche encore la logique. Je reste toutefois avec d’excellents souvenirs de cette aventure en terre politique. J’y ai côtoyé des personnes fantastiques et j’ai pu connaître un mouvement politique de l’intérieur.

 

Une nouvelle phase s’ouvre.

 

Réaffirmer les valeurs de l’Europe

Les 22 et 23 novembre, se sont déroulés à Athènes d’excellents échanges autour de la réaffirmation des valeurs européennes, à l’aube des élections européennes.

Parmi les interventions marquantes, je retiens celles de :

  • Paola Guisado, journaliste à El Mundo, évoquait les bénéfices apportés par la mise en commun des médias européens de leurs moyens d’investigations, à l’exemple des Malta Papers ou des football leaks. Elle regrettait que les hommes politiques s’adressent peu aux jeunes, certainement parce qu’ils pèsent de moins en moins dans les élections.

 

  • Andrej Zaslove, professeur de Sciences Politiques aux Pays-Bas, soulignait le caractère trompeur de l’appellation « populisme » en observant : « Il n’y a rien de moins proche du peuple qu’un populiste arrivé au pouvoir». Il souligne que les partis politiques traditionnels ont eu le tort de n’avoir pas pris suffisamment les populistes au sérieux. Un participant faisait remarquer qu’il ne fallait pas les réduire à des personnes peu instruites ou à des ouvriers. Sur ce point, Sarantis Michalopoulos, journaliste à Euractiv, insistait sur la nécessaire distinction entre eurosceptiques et anti-européens.

 

  • Sébastien Maillard, le directeur de l’Institut Jacques Delors, dont j’ai pu faire la connaissance, a déclaré qu’il ne fallait pas tomber dans le piège inverse de fétichiser l’Europe, celle-ci représentant un moyen, pas une fin en soi. Il faut accepter la diversité des approches sur l’Europe et notamment celle des conservateurs. Les progressistes n’ont pas le monopole de la définition des valeurs européennes. Il a observé que loin d’avoir entraîné un effet domino, le Brexit a freiné les ardeurs des pays qui pouvaient envisager de sortir de l’Union Européenne. Si les progressistes utilisent autant l’argument des migrants, c’est parce que celui de la sortie de l’Union Européenne est apparu inopérant. Il pense que l’idée d’un deuxième référendum en Angleterre serait une mauvaise chose « Comme dans un mariage, on doit savoir qu’un divorce est toujours possible».

 

  • Jolanta Kurska, présidente de la Fondation Bronislaw Geremek, a fait forte impression en racontant comment grâce à la société civile et aux pressions de l’Union Européenne (et une plainte devant la Cour de Justice Européenne) le gouvernement polonais a décidé de retirer, il y a quelques jours, son projet de loi de mainmise sur le système judiciaire. Une victoire sur les libertés fondamentales permise par les ONG de la société civile européenne.

 

Les consommateurs plébiscitent les produits durables

Maintenant, on sait. Oui, l’information sur la durée de vie des produits entraine un changement d’attitude du consommateur qui préfère des produits qui durent. Et ils sont aussi prêt à payer plus cher.

Lien vers un article de synthèse de Actu Environnement: * Etude du CES Européen.

Fin de mandat

 Un beau mandat se termine.

 

Mon mandat de Conseiller au Comité Economique et Social Européen s’achève le 21 septembre. La dernière session session plénière vient de se terminer ce jeudi 17 septembre 2015. J’y avais été nommé en 2010 sur proposition du ministre du développement durable de l’époque, Jean-Louis Borloo. Ma nomination résultait des propositions de réformes institutionnelles que j’avais rédigées en 2007 pour le Pacte Ecologique de Nicolas Hulot, ma participation à la commission « Gouvernance » du Grenelle de l’environnement, puis à celle du Comité opérationnel que dirigeait Bertrand Pancher sur les indicateurs de représentativité du secteur associatif pour leur entrée dans quelques organes consultatifs.

Au moment où le gouvernement français devait transmettre au Conseil Européen la liste des membres de sa délégation au Comité Economique et Social Européen, le cabinet de Jean-Louis Borloo avait jugé intelligent d’intégrer dans la délégation française de 24 membres deux représentants des associations de protection de l’environnement, en l’occurrence moi comme représentant de la Fondation Nicolas Hulot et Georges Cingal pour France Nature Environnement.

Après cinq années, quel bilan peut-on en tirer ?

Commençons par l’essentiel : le Comité Economique et Social Européen (CES Européen), dont j’ignorais, comme beaucoup, l’existence avant d’y être nommé, n’a pas une utilité extraordinaire. Il émet un très grand nombre d’avis, près d’une centaine par an, et ces avis n’ont pour la très grande majorité, qu’un impact limité. Les seuls avis significatifs sont ceux qui s’effectuent à l’initiative même des membres et dont ceux-ci acceptent d’en effectuer directement la promotion et le suivi, ce qui demande beaucoup d’énergie et de temps. La plupart des parlementaires européens à qui nos avis sont destinés (avec la Commission et le Conseil de l’Europe) ignorent notre existence.

Un indice significatif de notre faible poids est que les lobbys, pourtant fort nombreux et organisés à Bruxelles, nous ignorent totalement. En fait, il semble que le CES européen joue un rôle de lobby inversé, les membres servent surtout à propager l’idée européenne dans nos organisations respectives plutôt qu’à influer sur les grandes décisions européennes. Le rôle du CES Européen apparaît essentiellement symbolique comme passerelle entre l’Europe et la société civile organisée. A mon sens il devra fortement se renouveler pour trouver sa place parmi les nouvelles formes de participation du public car le CES Européen est une voix des citoyens qui ne s’exprime ni sous forme technique (Rôle de la Commission) ni via les partis politiques (Rôle du Parlement Européen). L’organisation du CES Européen va devoir se poser. A l’heure des réseaux sociaux et de la création d’une multitude d’organes de dialogue avec les parties prenantes, l’idée d’un organe consultatif européen doit évoluer, et la même question est posée pour le CESE français.

Pour ma part, je retiens quelques belles réussites et surtout le pilotage qui m’avait été confié d’élaborer l’avis relatif à la lutte contre l’obsolescence programmée. Cet avis, premier texte européen sur le sujet, fut voté à la quasi-unanimité des membres du CESE en octobre 2013. Une réussite dont je suis très fier puisqu’à mon sens, c’est le genre de texte qui peut réconcilier les citoyens européens avec leurs institutions.

Humainement, ce fut une expérience formidable. Passer pendant cinq ans en moyenne un jour par semaine et souvent plusieurs jours d’affilée avec des représentants des grandes entreprises, des PME, des organisations syndicales de tout bord, des associations de consommateurs et cela pour les 28 pays de l’Union Européenne, les rencontres furent toujours excellentes et le fait d’apprendre la culture du consensus pour parvenir à faire adopter un texte fut aussi une belle expérience. La majorité des membres sont de fervents partisans de l’idée européenne, et ils font leur travail avec une belle abnégation, rappelons que les membres ne sont pas, au contraire des conseillers au Conseil Economique, social et environnemental français, rémunérés pour le travail effectué, et celui-ci peut être considérable.

 

Pour la suite, attendons encore un jour ou deux…..

Vers la déprogrammation de l’obsolescence

Plusieurs associations étaient réunies samedi 30 mai à Bruxelles autour du theme de l’obsolescence programmée, Arc Culture, Amis de la terre, repair café…Je suis intervenu pour presenter la dimension européenne de la lutte contre l’obsolescence programmée.
Lien vers la présentation du programme ci dessous:
Journée de l’obsolescence déprogrammée

Premier bilan de mon mandat au CESE

Mon mandat au Comité Economique et Social Européen se termine bientôt. J’avais été désigné par le Conseil européen sur proposition du 1er ministre. Ce mandat se termine en septembre mais dans les faits, il n’y a pas de séance l’été en dehors d’une session plénière en juillet. Et déjà, nous nous engageons beaucoup moins sur de nouveaux travaux.

Je considère que, bien qu’à un niveau assez modeste, j’étais titulaire d’un mandat public, et meme si ce mandat ne donne aucune remuneration, il est important de pouvoir render compte.

Je présente ci-dessous un bilan à quatre mois de la fin de mon mandat. Le détail de ces activités est en ligne sur le site web du Comité Economique et Social Européen :

La délégation française compte vingt-quatre membres, répartis en trois groupes. Huit représentent les entreprises, huit les organisations syndicales et huit la société civile. Sur ces huit, il y a deux ONG environnementales représentées : France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot, c’est au nom de celle-ci que j’avais été nommé.

    

Membre des sections et structures suivantes

  • Sections Nat. – Environnement, Agriculture
  • Section TEN – Transport, Energie, société de l’information
  • Groupe Communication
  • Groupe Consommateurs et environnement
  • Observatoire du Développement Durable

 

Présidence

  • NAT/651 – Economie circulaire : recyclage, bâtiments durables
  • TEN/450 – Efficacité énergétique. Changement des comportements. Moyens d’atteindre des résultats (02/02/2011-30/09/2011)

 

Rapporteur

  • CCMI/112 – Durée de vie des produits et information du consommateur (21/11/2012-31/12/2014)
  • TEN/460 – Efficacité énergétique (12/07/2011-30/04/2012)

 

Membre des groupes de travail suivants

  • CCMI/130 – Éradiquer l’amiante de l’UE
  • NAT/652 – Economie circulaire: création d’emploi + plan d’action vert pour les PME
  • NAT/488 – LIFE+ / Examen à mi-parcours (20/10/2010-31/03/2011)
  • NAT/491 – Biodiversité / Stratégie de l’UE 2020 (15/12/2010-08/12/2011)
  • NAT/498 – Une Europe efficace dans l’utilisation des ressources (21/01/2011-23/09/2011)
  • NAT/531 – Evaluation de la Stratégie UE pour le développement durable (07/11/2011-22/06/2012)
  • NAT/533 – Sécurisation de la prospection pétrolière et gazière en mer (21/11/2011-23/02/2012)
  • NAT/547 – Programme pour l´environnement et l´action pour le climat (LIFE) (17/01/2012-24/05/2012)
  • NAT/603 – Accord international 2015 sur le changement climatique (16/04/2013-17/10/2013)
  • NAT/609 – Stratégie de l’UE pour l’adaptation au changement climatique (16/05/2013-17/10/2013)
  • NAT/643 – Lutte contre le trafic d’espèces sauvages (19/02/2014-31/07/2014)
  • TEN/459 – Associer la société civile à la mise en place d´une future communauté européenne de l´énergie (17/06/2011-16/12/2011)
  • TEN/475 – « Paquet/ politique aéroportuaire » (12/12/2011-30/03/2012)
  • TEN/508 – Les effets économiques d’un recours accru aux technologies des énergies renouvelables (13/12/2012-26/04/2013)
  • Towards a European Energy Community (13/12/2011-31/01/2012)
  • Conference « Toward public acceptance of carbon capture and storage? » (20/10/2010-30/11/2010)
  • Conférence sur les nouvelles tendances d’avenir en matière de consommation (29/08/2014-31/12/2014)
  • NAT/REX Conférence sur les objectifs pour le développement durable (26/11/2013-30/04/2014)
  • Projet – Suivi des avis CCMI/112 et INT/686 – Les nouvelles attitudes de consommation (27/02/2014-31/12/2014)
  • La société civile européenne sur la voie de la COP 21 (27/02/2014-03/12/2014)
  • Conférence : Journée européenne du consommateur 2015 (26/01/2015-31/03/2015)
  • INT/766 – Allégations environnementales, sociales et de santé
  • TEN/571 – Le cyberactivisme et les organisations de la société civile.

 

Je me suis plus particulièrement investi sur le sujet de la consommation durable et de la lutte contre l’obsolescence programmée. J’ai notamment été le rapporteur du premier texte européen relatif à ce sujet (vote le 17/10/2013, publication au J.O. de l’U.E. le 6/3/2014). Cet avis fut cité en motivation de la proposition de loi au Sénat (mars 2013) et à l’Assemblée Nationale (octobre 2014). Il fut cité également lors des questions au Parlement Européen (26 mars et 2 octobre 2014). Le bureau européen des Consommateurs lui a consacré son key note speech lors de sa journée européenne du 14 novembre 2014. Sur les fondements de cet avis, un coordinateur européen devrait être prochainement désigné par la Commission Européenne et un projet de résolution est en cours au Parlement Européen.

la communication pour un nouvel imaginaire

Intervention au Conseil Economique, Social et Environnemental lors des « mornings du développement durable » sur le sujet des relations communication et imaginaire. La communication peut elle nous aider à construire un nouvel imaginaire plus en phase avec le thème de la transition écologique?

Obsolescence programmée, la voie se dégage

La dernière étape pour un premier avis européen sur l’obsolescence programmée a été franchie hier avec un vote favorable en Commission Consultative des Mutations Industrielles du Comité Economique et Social Européen. Le sujet passera donc en séance plénière du Comité lors de la session des 16 et 17 octobre.