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Que lire pendant les vacances?

Fin 2020, j’ai pris 2 résolutions: d’abord de ne pas écrire de nouveau livre cette année (une premiere depuis 30 ans) et de ne plus, ou presque, lire des nouveautés, mais plutot redécouvrir ma bibliothèque.

Je me suis aperçu que le fait de ne pas écrire un nouveau livre me permettait aussi de ne plus ouvrir de livre avec l’idée de m’en servir pour mon projet en cours, bref de retrouver une certaine liberté de papilloner dans les lectures.  Le résultat de ce 1er semestre est un peu disparate, j’espère que vous pourrez y trouver au moins une idée de lecture.

 

Le pouvoir du moment présent. Eckhart Tolle. j’avais vu dans une itw de Nicolas Hulot qu’il disait que ce livre l’avais beaucoup influencé. le livre paru en 1997 traite de l’instant présent, de la paix interieure et du lacher prise. J’ai toutefois moyennement accroché. J’ai bien aimé la phrase: « J’ai vécu avec plusieurs maîtres zen, c’étaient tous des chats ». Un des thèmes du livre est qu’il faut commencer par se transformer soit même avant de vouloir changer le monde.

Première lecture d’un Maigret. Ce livre qui s’appelle « La 1ere enquête » est en fait le 30ème de la série des Maigret. J’étais interessé par la faculté d’écriture de Simenon et ses 192 romans, dont 75 Maigret. J’ai appris sur la notice que Simenon était le 4eme auteur francophone le plus traduit dans le monde, je ne sais pas qui sont les 4 premiers. Sinon, c’est un bon moment de lecture, sans plus pour moi. Je lirais quand même le 2eme volume acheté avec le lancement de cette collection.
Poussières d’Etoiles est un livre de l’astrophysicien Hubert Reeves paru en 1984. Dans cette édition de 2009 figurent de nombreuses et superbes photos de l’espace. J’ai surtout appris les immenses mystères restant sur la naissance de notre univers (le fameux big bang) il y a 14 milliards d’années et le rôle des trous noirs. La question que suggère Hubert Reeves est: Pourquoi alors que la vie sur Terre résulte d’un quasi miracle, l’homme s’obstine t’il à la dégrader?
La vie révée du joueur d’échecs. De l’auteur, j’avais beaucoup aimé son « Petit traité de désinvolture » en 2002. Il nous parle ici de sa passion pour le jeu d’échecs. C’est souvent bien vu comme le scène où le perdant d’un match cherche désespérément à prouver son vainqueur que seule une bourde due à une étourderie passagère à pu le faire perdre. il met en evidence le paradoxe d’un jeu ultra logique et les joueurs qu’il a pu rencontrer « à la raison décollée du réel ». Une très bonne lecture malgré qques disgressions étranges.
Le Dieu venu du Centaure. Philip K Dick. J’avais adoré ce livre étant ado, les dickiens le considèrent comme un chef d’oeuvre. Et bizarre, je n’ai pas du tout acroché à cette relecture bien des années après. Je l’ai relu me souvenant du vague fond de réchauffement climatique (le livre a été écrit en 1964) et la nécessité d’aller sur Mars: « processus désormais inexorable de transformation de la Terre en un vaste désert brulé » (P 161). Un peu déçu donc même si on retrouve les belles idées de Dick (les précogs) et sa formidable culture.
Marketing, les illusions perdues. Réédition mise à jour d’un ouvrage de 2015 par Florence Touzé qui enseigne à Audencia à Nantes. Le livre a le grand mérite de s’interroger sur la responsabilité du Marketing alors qu’en matière de responsabilité, on a plutôt tendance à se focaliser sur les enjeux de communication. Un thème important du livre est celui de l’implication du consommateur, historiquement vérifié plutôt pour des produits chers. F Touzé met l’accent sur le fait que la marque ne se réduit plus à une approche marketing.
Europe, le défi culturel. Ecrit en 1990 par Jean Marie Domenach, ex directeur de la revue Esprit. Il est toujours interessant de plonger dans d’anciennes réflexions, ici sur l’Europe qui s’était encore peu élargie. La reflexion sur l’importance de la culture comme ciment de l’Europe conserve toute sa pertinence. Je ne connaissais pas la phrase de Nicolas Grimaldi « La crise n’est pas une mesaventure de l’esprit européen, elle est son essence même ». L’Europe sera la convergence de ses cultures et non leur amalgame.
Insoutenable paradis. Paru en Juillet 2020, écrit par un spécialiste en marketing préférant se nommer analyste culturel, ce livre est une interrogation écrite à la premiere personne sur les contradictions entre nos espoirs écologiques et la réalité de nos comportements. Le livre tire beaucoup de sa susbtance des rencontres de l’auteur sur son podcast et une grande sincérité émane des propos. L’absence de toute réference et l’abus de renvoi à son podcast en auto promo m’a un peu géné mais le livre pose les bonnes questions.
L’administration de la peur. J’avais lu ce livre avec plaisir à sa sortie en 2010. Moins à la relecture 2021. Sous forme d’interview, ce petit livre (94 pages) traite du rôle politique de la peur et, thème majeur chez Virilio, celui de l’accélération du temps. La pandémie apporte une actualité lorsqu’il dénonce l’idéologie sécuritaire et sanitaire. « La maitrise du pouvoir est liée à celle de la vitesse », « nous sommes passés du crépuscule des dieux au crépuscule des lieux », on passe « de l’hyperaction à l’hyperinteraction ».
Mon grain de sable. Un petit livre (94 pages) assez fantastique. Luciano Bolis était un chef de la resistance italienne durant la dernière guerre. Il raconte son arrestation et les tortures qu’il a subi. Il n’a jamais parlé et doit sa survie à sa tentative de suicide qui l’a amené dans un hopital où il fut évadé. Il interroge sur le fort qui cède et le faible qui résiste jusque la mort, il interroge aussi sur la férocité humaine et cela dans un langage d’une stupéfiante sobriété.L’auteur vécu ensuite jusque 1993.
L’imprécateur. Ex-consultant chez Publicis, l’auteur donne ici (1974) une vision de la vie dans les grandes entreprises internationales. Des textes anonymes circulants, des fissures sur les murs, donnent le contexte pour décrire des relations humaines de plus en plus sordides derriere une apparence policée: »Le rappel d’une politique de libre expression traduisait plus un usage discursif, un procédé verbal, qu’une réalité ». Pour l’auteur, la vie du monde ressemble de plus en plus au management d’une entreprise.
Impressions et lignes claires. Un livre étrange, où on chercherait la moindre info inconnue et les indiscrétions, mais bizarrement ce témoignage distancié est un vrai plaisir de lecture. le style est excellent et les bons mots omniprésents. Plaisir de lire que leur série TV préférée est The West Wing (le sommet). Seule critique pour N Hulot qui aurait été bon « s’il avait réussi à maitriser son ministère » ( P 107). Seule découverte négative: l’opposition à la convention citoyenne sur le Climat: il ne faut jamais s’en remettre au sort.
Les idées modernes aux échecs. Ecrit en 1922 c’est un classique de la littérature échiquenne. Le livre explique l’évolution des idées d’abord basé sur les combinaisons, puis les principes généraux, puis les idées modernes. J’ai été étonné par les commentaires: chez un joueur autrichien, on trouve la finesse de la musique de Vienne. un autre joueur tient davantage du prêtre que du virtuose. Le plus surprenant a été de jouer des parties avec mon ordi et de constater que beaucoup de conseils étaient totalement inadaptés.
Naissance de l’écologie. L’ouvrage (2018-360 pages), toujours très précis, montre que l’écologie a demarré avec l’hygiènisme et la salubrité publique, que le mouvement a traversé tous les courants politiques, que le 1er sujet d’inquietude était la déforestation et que les premières zones protégées (forêt de Fontainebleau) l’ont été pour des motifs plus artistiques qu’environnementaux. On voit aussi que depuis le 1er congrés sur la protection de la nature qui s’est tenu à Paris en 1923, le chemin n’est pas très rapide. Une critique plus approfondie est sur une autre page de ce site.
La cible. Sandro Gozzi est ex secretaire d’Etat aux affaires européennes en Italie et a été élu au Parlement européen sur la liste française Renaissance. Il raconte dans ce livre court (116 pages) qu’un élu étranger a bien du mal à se faire respecter lorsqu’il se fait élire dans un autre Etat. Parfait connaisseur de l’Union européenne, il estime qu’elle court le triple danger de l’immobilisme, du nationalisme et de la myopie. Selon lui, le vaccin contre le virus du populisme, c’est une Europe puissante.
La permaentreprise. J’étais un peu sceptique sur ce livre, peut-être en raison du titre. C’est plutôt une belle découverte. Le livre part d’une experience concrète; celle de l’entreprise Norsys que dirige Sylvain Breuzard (par ailleurs Président de Greenpeace). C’est agréable à lire en raison de multiples schémas, tableaux et tout se presente de manière progressive. Pour l’entreprise, une réflexion sur 23 objectifs à atteindre avec les indicateurs associés. A titre personnel, j’ai découvert les questions Ikigaï et c’est plutôt pas mal.
L’homme aux semelles de vent. J’ai relu ce livre daté de 1977 après avoir appris la mort de l’auteur, Michel Le Bris, fondateur du festival des étonnants voyageurs de Saint Malo, début 2021. Le titre fait référence à Rimbaud, nommé ainsi par Verlaine. Le livre a vieilli, notamment toutes les réflexions sur l’état hégélien ou marxiste. Le début est excellent avec une description des 1ers touristes arrivant en Bretagne il y a une cinquantaine d’années. Le livre est une invitation au voyage, au jazz, au blues et à relire Mme de Staël.
2 ou 3 choses que je sais de la liberté. Si vous demandez qqchose à quelqu’un, ajoutez à la fin « bien sur, vous êtes libre d’accepter ou non » et vous avez plus de chances d’obtenir une réponse positive. Psycholoque social, Jean-Léon Beauvois expose ses idées sous la forme d’un entretien avec sa fille. La thèse principale est qu’on trouve toujours en soi les raisons de nos actes même si nous n’avons fait qu’obéir. Nous agissons puis tachons de rationaliser nos actes, de leurs donner un sens. Le livre date de 2013. 126 p. Je conseille.
Pourquoi nous travaillons. Jean Fourastié était un auteur incontournable en science éco dans les années 70. Ce livre écrit en 1959 (réédité en 76) est étrange à relire de nos jours. Pour l’auteur, le progrès résultait d’abord de la science économique qui savait si bien réguler l’économie, raison pour laquelle elle a pris une place dominante, mais c’était bien avant les crises. « Grâce à la science éco, on approche le plein emploi » (Page 21). J’ai appris qu’en 1800, on bossait 220 000h dans la vie, contre 96 000 en 1970.
Le biais comportementaliste. Ecrit par six chercheurs à Sciences-Po, ce petit livre (120 pages) entend discuter les démarches de nudge. Pour les auteurs, le nudge a un effet limité dans le temps et dans ses conséquences, et ses promoteurs ne communiquent jamais sur leurs échecs. Ne prenant pas en compte les ressorts collectifs des comportements individuels, le nudge ne peut être réellement efficace. S’il fait un peu règlement de comptes entre universitaires, ce livre présente une analyse critique du phénomène.
La gauche en France. Je savais que la distinction gauche-droite venait d’un placement dans l’hémicycle, j’ai appris que cela remontait à un vote sur le pouvoir du roi à l’Assemblée Nationale le 11 septembre 1789. Un rappel à la citation d’Alain qui disait que ceux qui remettaient en cause la distinction droite-gauche ne pouvaint pas etre des homme de gauche. Le livre retrace l’histoire de la gauche jusque 1975, date de publication. Je ne me souvenais pas que la Commune avait été un tel massacre. Une bonne révision.
Economie comportementale des politiques publiques. Un excellent petit livre, assez technique, rédigé par 3 professeurs d’économie. J’ai appris que, constatant que les parents venaient souvent en retard récuperer leurs enfants à la crèche, celle ci a mis en place des pénalités. Et cela a conduit à un doublement des cas de retard, les parents voyant l’amende comme une tarification d’un service nouveau(!). Le livre explore le nudge en santé, en environnement, en choix d’épargne et sur le marché du travail. Très clair, pédagogique et documenté. (2021)
 Je relis aussi ma collection de Corto Maltese est c’est toujours aussi super, avec une préference pour l’instant aux Ethiopiques.
Et je suis preneur de vos conseils de lecture ;-)

L’écologie, c’était comment avant?

Caroline Ford, Naissance de l’écologie

 

Rédigé par une historienne américaine et paru en 2018, ce livre raconte la naissance de l’écologie et son évolution entre 1800 et 1930.

L’ouvrage (360 pages) est très détaillé et comprend une cinquantaine de pages de références.

Si le mot « écologie » et sa définition par Ernst Haeckel datent de 1866, l’ouvrage montre que la préoccupation environnementale était antérieure. Celle-ci a beaucoup évolué à travers les âges et l’auteur observe que si le terme d’environnement est vraiment apparu en 1922 dans le cadre de la géographie humaine, il ne s’est popularisé que dans les années 1970.

L’une des premières institutions à gérer l’environnement en France fut le Conseil de salubrité publique du département de la Seine, créé le 7 juillet 1802, et cela traduit les préoccupations originelles liées à l’hygiène et aux conséquences de l’urbanisation sur la santé.

En 1810 paraît le premier décret régulant le fonctionnement des établissements « dangereux, insalubres ou incommodants ».

 

Parmi les dates majeures, on peut citer :

  • 1845 : création de la Société Protectrice des Animaux
  • 1861 : une partie de la forêt de Fontainebleau est classée réserve artistique
  • 1901 : création de la Société pour la protection du paysage
  • 1909 : le premier congrès dédié à la protection des paysages
  • 1912 : création de la Ligue française pour la protection des oiseaux.
  • 1913 : premier parc national français, créé dans les Alpes
  • 1923 : le premier congrès international sur la protection de la nature

  J’ai appris le nom de François Antoine Rauch (1762 – 1837) qui peut être considéré comme le père de la pensée écologique française et de la recherche de l’harmonie de la nature. Il est d’ailleurs étonnant de constater qu’il écrivit en 1805 qu’elle était en déclin « par mille siècles de mutilations et d’outrages ».

Rauch était aussi un bon communicant cherchant à sensibiliser la population en organisant des festivals consacrés à célébrer les vallées, les lacs et les rivières ou à planter des arbres. Bien avant le rapport Brundtland, il prenait à témoin les générations futures : « Si nous laissons éteindre avec nous les règnes de la nature, nous verrons les générations qui doivent nous succéder verser sur nos tombes les larmes de la malédiction et du désespoir ».

 

Le premier combat environnemental a porté sur la déforestation, il fut porté notamment par le baron Rougier de la Bergerie, préfet de l’Yonne puis de la Nièvre qui fustigeait « la main dévastatrice de l’homme, dégradant partout le sol par les défrichements funestes et inconsidérés ». Moreau de Jonnès obtint lui en 1825 la médaille d’or de l’ Académie Royale pour un texte dans lequel il expliquait que la déforestation avait un effet majeur sur la qualité de l’air ainsi que sur les précipitations. Président du département des sciences physiques du Muséum d’histoire naturelle, Antoine Becquerel, qui devint membre de l’Académie des Sciences en 1853, publia son premier travail sur l’influence des forêts sur le climat. Il suggérait également que la déforestation favorisait les crues et donc les inondations. Les travaux sur l’incidence de la déforestation sur les inondations furent ensuite développés par l’américain George Perkins Marsh qui écrivit en 1864 le livre The earth as modified by human action, bien avant la conceptualisation de l’anthropocène donc.

 

  Au début du siècle, le sujet de la protection du paysage apparut plus fortement, moins lié des préoccupations purement esthétiques et l’un des fondateurs de la Société pour la protection des paysages nouvellement créée, Henri Cazalis, attire l’attention sur la dégradation des paysages naturels en raison des nouvelles pratiques commerciales, notamment « la mise en place de panneaux publicitaires » (1902).

J’ai également appris que le verdissement à Paris s’était réalisé pendant une courte période, essentiellement grâce à l’ingénieur Adolphe Alphand et à Jean-Pierre Barillet, jardinier en chef de la de la capitale. Ce sont eux qui créèrent les jardins du Trocadéro, le parc Montsouris, Monceau, le bois de Boulogne et le bois de Vincennes. En 1850, Paris comptait une vingtaine d’hectares naturels, en 1878, la ville en contenait deux mille.

Le livre se termine par une ouverture à la période d’émergence de l’écologie. L’auteur, Caroline Ford, situe le combat pour la protection du massif de la Vanoise en 1969 comme « un tournant majeur ». Il amena le Président de la République de l’époque, Georges Pompidou, à retirer l’agrément que son gouvernement avait donné à un promoteur immobilier et à se déclarer comme un défenseur de l’environnement, ce qu’il concrétise en 1971 par la création d’un ministère de l’environnement dans son gouvernement.

 

Au final, un livre dont je conseille la lecture pour mieux connaître l’évolution de la pensée environnementale, les liens historiques avec la santé, avec l’esthétique, la focalisation initiale sur la forêt et la compréhension immédiate des liens avec le climat et les inondations.

Publicité et écologie : on progresse ou non ?

Publicité, projets de loi climat, où en sommes nous vraiment? 

 

 Six observations sur le projet de loi Climat et résilience, dans ses aspects Publicité.

 

1. Des ONG absentes.

Ce fut ma première surprise. Alors qu’elles avaient ici l’occasion de renouveler leur combat, la plupart des ONG environnementales se sont concentrées sur quelques sujets plus traditionnels comme la rénovation énergétique, les nouvelles obligations pour les entreprises ou la mobilité durable. Le sujet du rôle de la publicité était relativement nouveau, il passe au second plan des arguments. Les salariés en ONG étant répartis par pôle en domaine de compétences (alimentation, biodiversité, climat, …), peu de militants étaient réellement en mesure de porter leurs voix sur un thème nouveau.

 

2. La filière a su réagir immédiatement.

Alors que celle-ci peut apparaître divisée et parfois en concurrence interne, les acteurs de la publicité ont su s’organiser pour répondre aux menaces qui pesaient sur leur activité. A coup d’opérations événementielles, à l’exemple des Etats Généraux de la communication, de prises d’engagements publics, de tribunes rédactionnelles, d’insertions publicitaires et surtout d’un lobbying particulièrement efficace, la profession a su réagir.

D’aucuns pourront toujours s’en désoler, mais on ne peut que reconnaître leur efficacité. 

 

 

 

3. Un résultat qui se profile là où on ne l’attendait pas.

Si le projet de loi est en lui-même très timide sur le volet publicité, les engagements sont loin d’être négligeables, sur la réforme de la régulation, du développement du pro bono, des nouvelles formes de représentations, on sent qu’une dynamique est lancée.

La seule crainte réside dans le caractère encore très vague de la plupart de ces engagements et donc de leur viabilité une fois terminés les débats au Parlement. L’occasion de remarquer les engagements pris le 2 mars 2021 par l’Union de la Publicité Extérieure qui m’apparaissent concrets, précis, dotés d’indicateurs et d’échéances. Il manque juste un comité de contrôle avec des personnalités extérieures indépendantes, mais j’ai bon espoir.

 

4. Du bon usage du bouc émissaire.

  Dans le rapport remis en juin 2020 au ministre de la transition écologique, j’avais intégré parmi les propositions la suppression des banderoles publicitaires tractées par des avions tout en écrivant : « aucun de nos interlocuteurs n’a émis cette recommandation et la pratique ne suscite pas de véritable rejet » (p. 59).

Au final, la seule mesure d’interdiction si l’on excepte celle portant sur la publicité des énergies fossiles, très anecdotique au demeurant, concerne cette interdiction des banderoles aériennes (article 8).

J’ai presque envie de demander pardon aux PME concernées dont la principale activité était de renseigner les touristes sur l’existence d’un supermarché ou d’une discothèque à proximité de leur station balnéaire.

 

  1. Un ministère de l’écologie très discret. 

Ayant eu l’expérience de travailler au cabinet d’un précédent ministre de l’environnement, je ne voudrais jeter la pierre à personne, d’autant qu’individuellement les personnes en place me semblent très méritoires. Il n’empêche. J’ai le sentiment que le gouvernement n’a pas cherché à construire une vraie feuille de route pour la publicité, mais s’est placé immédiatement dans une posture défensive vis-à-vis des propositions de la Convention Citoyenne. Cela a positionné le débat dans une approche de court terme, très politique et sans réelle prise en compte de l’ensemble des réflexions menées.

 

  1. Une filière communication peu ouverte.

Le sujet de la publicité est très conflictuel. Pourtant les compétences ne manquent pas, même – et surtout – chez les plus radicaux des anti-publicitaires, il y a une formidable réflexion appuyée sur des connaissances solides. Je ne comprends pas qu’à ce jour, aucune rencontre n’ait encore pu avoir lieu entre ONG environnementales, associations de consommateurs et professionnels de la publicité. Certes, cela ne déboucherait peut-être sur rien, mais il me semble que ne serait-ce qu’une journée d’échanges, calquée sur ce que nous avions expérimenté lors du Grenelle de l’environnement serait une occasion à saisir. La confrontation est consubstantielle à la communication, autant que les professionnels l’acceptent.

Que fallait-il lire en 2020?

Si l’on accepte l’idée que dans toute crise il peut y avoir une opportunité, celle-ci peut se révéler dans l’inclination que nous avons pu avoir, confinement oblige, à rouvrir de bons bouquins. Parmi mes lectures marquantes de l’année 2020, je recommande :

 

  • Roger Heim, Destruction et protection de la nature, Armand Colin, 1952.

C’est l’ancien Président de France Nature Environnement, Jean-Pierre Raffin qui m’a fait découvrir ce livre, à mon sens le premier livre d’alertes écologistes. Roger Heim était le Président du Muséum national d’histoire naturelle et le livre est particulièrement bien documenté. Centré sur la perte de la biodiversité, il appelle à un autre regard sur la nature. Bien avant l’idée de développement durable, il appelait déjà à la prise en compte des générations futures dans nos décisions. L’ouvrage vient de faire l’objet d’une réédition.

 

  • Nathaniel Rich, Perdre la terre, Seuil, 2009.

Il s’agit ici d’une enquête très fouillée notamment sur les années 80-90 aux Etats-Unis où l’on s’aperçoit que les dirigeants américains furent à deux doigts de s’engager réellement et rapidement dans la lutte contre le dérèglement climatique. On imagine rétrospectivement ce que serait actuellement notre vision du futur si les bonnes décisions avaient été prises dès la connaissance des impacts de l’élévation des émissions de gaz à effet de serre.

 

  • Dominique Wolton, Vive l’incommunication, François Bourin, 2020.

Le point de départ de la réflexion de l’auteur est : Pourquoi, alors que les européens ne sont d’accord sur rien, l’aventure européenne continue et constitue la plus grande aventure politique et démocratique de l’histoire du monde. Il dénonce le fait que l’Europe ait perdu son projet originel et soit devenue « terne, à la remorque du capitalisme ordinaire, suiviste, sans aucune originalité. »

 

  • Olivier Sibony, Vous allez commettre une terrible erreur, Champ, 2019.

Un livre très clair sur la manière avec laquelle nous prenons nos décisions, notamment sur la base de biais de compréhension : le piège de l’intuition, l’excès de confiance, l’inertie, l’aversion à la perte, la pensée de groupe. Le livre est truffé d’exemples, souvent avec humour. Il m’a intéressé pour mes recherches sur la sensibilisation au dérèglement climatique, car il montre que nous avons tous tendance à nous considérer plus vertueux que ceux qui nous entourent. Je recommande fortement.

 

  • Edgard Morin, Les souvenirs viennent à ma mémoire, 2019.

Edgar Morin nous avait déjà livré ses souvenirs avec la publication de son journal (2 tomes et pas loin de 2 000 pages !), une excellente biographie lui avait été consacré par Emmanuel Lemieux en 2009, et certains aspects de sa vie avaient déjà fait l’objet de publications. Ses mémoires publiés aujourd’hui, classés par thème et non chronologiquement, sont un vrai régal de lecture. Nous y découvrons un personnage incroyablement ouvert aux autres, un amoureux du Maroc, de l’Italie et de l’Amérique Latine, un homme aux causes multiples et très souvent en quête de séductions, un homme toujours prêt à aller chanter et danser après l’un de ses colloques, un auteur qui s’interroge sur la destinée de ses livres à l’exemple de Le vif du sujet paru en 1969 qu’il considère comme son meilleur livre, et pourtant le moins lu.

Aujourd’hui Edgar Morin a 99 ans, il est l’auteur d’un nombre incalculable d’articles et d’ouvrages, il est docteur honoris causa de 34 universités dans le monde et il continue à se poser des questions sur l’homme, la vie, l’univers.

Une excellente lecture que je recommande également.

 

  • Stéphane Foucart, Stéphane Horel, Sylvain Laurens, Les gardiens de la raison, La Découverte, 2020.

Cette enquête sur la désinformation scientifique est à sa manière une suite de La Fabrique du mensonge de Stéphane Foucart et de Lobbytomie de Stéphane Horel que j’avais beaucoup appréciés. Ce livre complète ces deux ouvrages par un examen des techniques de désinformation utilisant un argument scientifique et s’effectuant sur les réseaux sociaux. Les attaques contre l’Agence Française d’Information Scientifique (AFIS), le collectif #NoFakeSciences ou certaines personnalités comme Gérald Bronner sont assez nombreuses. J’ai été un peu déçu par le côté patchwork de cet ouvrage et je recommande plutôt les ouvrages précédents de ces auteurs.

 

  • Sergent Bourgogne, Mémoires, Arlea, 2020.

C’est en lisant l’ouvrage de Sylvain Tesson, Bérézina, que j’ai découvert le Sergent Bourgogne, un grenadier qui accompagna Napoléon lors de la campagne de Russie. Le livre raconte surtout la retraite dévastatrice depuis Moscou. L’ensemble est assez épouvantable et l’on est sidéré par les scènes de dévouement et celles d’égoïsme extrême engendré par la lutte pour la survie. J’ai été aussi fasciné par le fait que malgré le carnage de la retraite de Russie, la faim, le froid, les attaques incessantes, jamais le Sergent Bourgogne ne se plaint de sa situation. Certains feraient bien d’en prendre de la graine. Et je ne vise personne ;-)

 

  • François Noudelmann, Un tout autre Sartre, Gallimard, 2020.

Un livre fabuleux qui fait découvrir un Sartre dans sa vie privée, mais tout en bienveillance et sans aucun voyeurisme. Au travers de ses nombreuses correspondances, de témoignages, c’est un Sartre totalement différent de la figure de l’intellectuel engagé tel qu’on le réduit trop souvent.

Une superbe réussite, richement documentée et toujours tout en retenue. Je conseille.

 

  • Etienne Barillier, Le guide Philip K. Dick, Hélios, 2020.

Un livre vraiment indispensable pour les amateurs de science-fiction. Ce petit livre présente de manière synthétique et grâce à de multiples entrées toute l’œuvre de Dick. On connaît surtout Dick en raison des films tirés de ses œuvres (Blade Runner, Total Recall, Minority Report, …). Le livre incite à la relecture de ses chefs d’œuvre, au premier rang desquels figure selon moi La transmigration de Timothy Archer.

 

  • Pierre Berville, J’enlève le haut, Aquilon, 2018.

Dans le cadre de ma mission sur la publicité pour le ministère de la Transition Ecologique, j’ai lu un maximum d’articles et d’ouvrages. Je note ici seulement celui de Pierre Berville car il a le mérite d’une transparence totale sur le métier de publicitaire. A la lueur du fonctionnement de la publicité à son âge d’or dans les années 80, on peut concevoir la révolution dans les consciences qui doit s’opérer actuellement chez de nombreux publicitaires.

 

  • Guy Versailles, Le temps des relations publiques, Presses de l’Université du Québec, 2019.

L’ouvrage est une bonne synthèse sur les relations publiques avec deux aspects particulièrement développés ; celui de la relation aux métiers et celui de l’éthique. Pour ma part, j’ai surtout été intéressé par les réflexions autours des relations publiques comme métier. En dehors des questions d’autonomie de la discipline, des connaissances requises, d’une déontologie spécifique à la profession, l’auteur s’interroge sur la gravité des préjudices que pourraient subir des personnes qui auraient recours à une agence de relations publiques dont les compétences seraient minimes. Une réflexion intéressante pouvant conduire à organiser les relations publiques comme un véritable ordre professionnel.

 

  • Bon, et bien sur, s’il y avait un livre à lire cette année, c’était bien « Des Vents porteurs« .

Un livre qui remet en question toute la communication en matière de transition écologique et notamment sur le dérèglement climatique. Mais je suis un peu subjectif sur le sujet.;-)
Pour en savoir plus: Des vents porteurs: comment mobiliser enfin pour la planete

L’Europe, on lui fait quoi?

Le 15 août 2020, le site de pari en ligne Winamax a posté sur Twitter une illustration en lien avec la coupe d’Europe des clubs champions, et sobrement intitulée « L’Europe, on l’encule à 2 ». La référence reposait sur le fait que deux clubs français, le PSG et l’OL participaient à la phase finale.

 

Moi qui depuis 10 ans travaille au Comité Economique et Social Européen et tâche de promouvoir l’image de l’Europe, je me suis senti provoqué par cette publicité. La société Winamax est un leader des paris en ligne, premier site français de poker. Patrick Bruel compte parmi ses actionnaires principaux.

 

Cette publicité a beaucoup fait réagir et trois membres du gouvernement (les ministres des sports, de la citoyenneté et de l’égalité homme-femme) ont dénoncé cette publicité jugée outrancière.

 

Une députée, Olga Givernet, a demandé au Premier Ministre la suppression de l’autorisation de pari en ligne de Winamax.

 

Devant l’ampleur des critiques, la société Winamax a décidé de retirer son tweet trois jours plus tard.

 

Pour ma part, j’ai porté plainte devant le jury de déontologie de la publicité, une des trois instances de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité.

 

La décision du jury vient d’être rendue publique. Le jury juge ma plainte fondée au regard des principes de la déontologie publicitaire, il considère que « la publicité litigieuse présente un caractère ordurier qui traduit un manquement aux exigences de responsabilité sociale. » Il note que cette publicité est de nature à cautionner une forme de violence physique et verbale.

 

Pour ma part, je retiens quatre leçons :

 

  • D’abord, alors que ce tweet ordurier a été fortement dénoncé et que la polémique a été relayée sur de nombreux médias, j’ai été le seul à porter plainte. Cela signifie que le processus de plainte en matière de publicité n’est, soit pas connu, soit perçu comme ne présentant aucun intérêt.

 

  • Ensuite, il est difficile de juger objectivement la posture de Winamax. Lorsqu’ils annoncent en défense qu’il s’agit d’une simple référence à un album de rap du groupe PNL et à la chanson « Celsius » qui démarre par « On prend le rap, on l’encule à 2 », on ne peut s’empêcher d’envisager qu’ils ont voulu faire un coup de buzz à la veille d’une compétition sportive où le nombre de paris sportifs pouvait fortement augmenter. Mais, comme je sais qu’il faut aussi se méfier des tweets postés après 22 heures – le tweet a été posté à 22 h 40 – en raison de ce qu’on appelle « l’effet Jack Daniel », la volonté même de Winamax reste obscure.

 

  • Au vu du caractère « ordurier » comme le jury le reconnait lui même, j’avais demandé dans ma plainte, et comme le règlement du JDP l’autorise, que cet avis soit publié dans un journal de communication comme « Stratégies » et un journal de sport comme « L’Equipe ». Le Jury écarte ma demande sous le prétexte qu’il s’est passé trop de temps entre ma plainte et le jugement. On croit rêver, le jury prend argument de sa lenteur pour faire valoir la non publication de ses avis. Cela signifie que jamais le JDP ne valorisera ses avis et donc que ses avis resteront confidentiels sur son propre site. On a connu des principes de Name & Shame plus audacieux.

 

  • Enfin, entre le moment de ma plainte, le 18 août, et la publication de la décision du jury, deux mois et demi se sont écoulés. Il me semble vraiment nécessaire que le processus de plainte soit amélioré et les délais raccourcis, comme je l’avais proposé dans le rapport remis en juin 2020 au ministre de la transition écologique.

L’avis du Jury sur ma plainte: JDP Avis WINAMAX

L’avis sur le site du JDP: Lien JDP

Comite economique et social europeen

Fin de mandat

Mon mandat au Comité Economique et Social Européen se termine bientôt. J’avais été désigné en 2015 par le Conseil européen sur proposition du 1er ministre Manuel Valls. Ce mandat faisait suite à un 1er mandat pour la période 2010-2015 pour lequel j’avais été nommé par le 1er ministre de l’époque François Fillon sur proposition du ministre de l’environnement Jean Louis Borloo, celui ci m’avait repéré lorsque je participais au Grenelle de l’environnement. Mon mandat se termine en septembre mais dans les faits, les travaux sont très ralentis. Il nous reste quelques réunions et une session plénière fin septembre, celle ci risque fort d’être en mode virtuel. Et déjà, nous nous engageons sur beaucoup moins sur de nouveaux travaux.

Je considère que, bien qu’à un niveau assez modeste, j’étais titulaire d’un mandat public, et même si ce mandat ne résulte pas d’une élection et ne donne droit à aucune rémunération, il est important de pouvoir rendre des comptes sur nos activités.

BILAN

Je présente ci-dessous un bilan à 2 mois de la fin de mon mandat puisque la nouvelle mandature démarrera mi octobre 2020. Le détail de ces activités est en ligne sur le site web du Comité Economique et Social Européen.

La délégation française compte vingt-quatre membres, répartis en trois groupes. Huit représentent les entreprises, huit les organisations syndicales et huit la société civile. Sur ces huit, il y a deux ONG environnementales représentées : France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot, c’est au nom de celle-ci que j’avais été nommé.

    

Membre des sections et structures suivantes

  • Sections Nat. – Environnement, Agriculture
  • Section INT -Marché intérieur
  • Groupe Communication
  • Groupe Consommateurs et environnement
  • Observatoire du Développement Durable (2015-2018)

Président 

  • NAT/789 – Vers une stratégie de l’Union européenne pour une consommation durable

Rapporteur

  • INT / 784 – Economie de la fonctionnalité
  • NAT / 685 – Pour la prise en compte des Nudges dans les politiques européennes

Co-rapporteur

  • NAT / 737 – Des indicateurs mieux adaptés pour évaluer les objectifs de développement durable

Membres des groupes de travail

  • INT / 901 – Les ODD dans les nouveaux modèles économiques
  • INT / 895 – Nouveau plan d’action en faveur de l’économie circulaire
  • ECO / 505 – Plan d’investissement du pacte vert pour l’Europe
  • NAT / 786 – Stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030
  • TEN / 687 – Plan d’action contre la désinformation
  • SOC / 593 – Renforcer la protection des lanceurs d’alerte au niveau de l’Union européenne
  • SC / 048 – Nouveaux modèles économiques durables
  • SC / 047 – La transition vers un avenir plus durable pour l’Europe. Une stratégie pour 2050
  • NAT / 676 – Paquet économie circulaire

En dehors de ces activités, je m’étais beaucoup investi dans ma fonction de point de contact de la délégation française, c’est à ce titre que je fus l’initiateur en 2018 du lancement des consultations citoyennes à l’échelon européen et organisateur des contacts avec le Secrétariat Général aux Affaires Européennes, du CESE national et des représentants en France du Parlement européen et de la Commission Européenne.

La nouvelle mandature démarrera donc mi octobre, la liste des 24 nouveaux membres sera publiée 3eme semaine de septembre au journal officiel de l’Union européenne.

Clairement, une de mes activités les plus intéressantes et dont je suis le plus fier.

 

Comite economique et social europeen

Un mandat s’achève

Mon mandat au Comité Economique et Social Européen s’achève prochainement. J’avais été nommé par le gouvernement français une première fois en 2010 et j’avais été renouvelé en 2015. Au total, j’aurai donc passé dix ans dans l’enceinte des institutions européennes. Après le renouvellement de 2015,  j’avais été choisi par mes 23 collègues français comme étant le point de contact de la délégation française auprès des institutions.

Au CESE, on bosse.

Durant mes mandats, j’ai siégé au sein des sections environnement, énergie, marché intérieur, de l’observatoire du développement durable, du groupe communication et de la catégorie consommateur et environnement. J’aurai présidé trois groupes de travail (sur la consommation durable, l’économie circulaire et l’efficacité énergétique), été rapporteur de trois avis (sur l’économie de fonctionnalité, le nudge et la durée de vie des produits), été co-rapporteur de deux avis (sur les indicateurs et objectifs de développement durable et sur l’efficacité énergétique) et participé à 37 groupes de travail (liste sur ma page « Membre » sur le site du Comité lien vers le site : Page des membres du CES Européen).

 

Un peu de recul.

le travail dont je suis le plus fier porte sur la lutte contre l’obsolescence programmée, notamment parce que le texte que j’avais fait voter en 2013 en session plénière fut adopté à l’unanimité (moins une voix). Il fut aussi le premier texte européen à se prononcer en faveur de la durabilité des produits et il marque le début d’une dynamique européenne de questionnements sur nos pratiques de consommation.

 


Ces dix années m’auront formé à la tolérance puisque pour faire accepter un texte, il est nécessaire de le négocier entre les trois groupes qui constituent le Comité (entreprises, syndicats, secteur associatif) et avec les cultures et enjeux de 27 états ; la recherche du consensus est donc permanente. La désignation de la nouvelle délégation est en cours, je suis candidat à un nouveau mandat car les discussions sont souvent passionnantes. La liste définitive ne devrait être publiée qu’en septembre, un mois avant la nouvelle mandature. En toute hypothèse, après dix ans au Comité Economique et Social Européen, les souvenirs sont excellents et les amitiés solides.

Quelle publicité pour un monde sobre et durable ?

Le rapport demandé le 20 septembre 2019 par les ministres Elisabeth Borne et Brune Poirson a été adressé en avril aux directeurs de cabinet correspondants. Sans observations de leur part, il a  été présenté le 11 juin à Mme Brune Poirson, Secrétaire d’Etat auprès la la ministre de la Transition écologique et solidaire.

Ce travail faisait suite à une précédente demande du ministère de la transition écologique sur la durabilité des produits. Ce rapport avait été présenté en janvier 2019 (disponible ici : Rapport Obsolescence Programmée et à un rapport sur le même sujet du rôle de la publicité dans la transition écologique que j’avais rédigé en 2016 pour la Fondation Nicolas Hulot (disponible ici : Rapport FNH sur la Publicité

Cette mission pour lequel j’avais proposé à Géraud Guibert, conseiller à la Cour des Comptes et Président du Think Tank La Fabrique Ecologique de travailler avec moi, fut assez conséquent. Nous avons auditionné une trentaine d’organisations ou d’interlocuteurs, et au final plus d’une centaine de personnes ont été rencontrées.

CONSTAT:

Mon constat est que l’approche globale reste encore peu propice à un consensus solide. Pour de nombreux publicitaires, la publicité n’est qu’un outil au service de la vente, un reflet de son époque et de toute manière le consommateur est suffisamment intelligent pour décrypter les messages qui lui sont adressés. Difficile de faire bouger les lignes dans ces conditions. Heureusement, les mentalités évoluent. Une prise de conscience a émergé. La communication responsable apparaît désormais celle qui interpelle la responsabilité même du communicant et donc du publicitaire face aux grands enjeux de la transition écologique.

Le rapport comporte plus d’une vingtaine propositions , il devrait être mis en ligne rapidement sur le site du ministère, en attendant le voici ici:Rapport MTES vf

PERCEPTION:

Pour ma part, je considère que la publicité stricto sensu ne doit pas devenir le bouc émissaire des critiques contre notre système de consommation parce qu’elle ne constitue qu’une partie réduite d’un système de communication où interviennent les médias propriétaires (site web, vitrines), les dépenses gagnées par les actions d’influence, notamment sur les réseaux sociaux et tout ce qui concerne le marketing et qui échappe actuellement à toute réglementation, à l’exemple du packaging des produits. Elle doit toutefois se montrer beaucoup plus réactive et prendre des engagements forts sur sa responsabilité en matière de lutte contre l’hyper-consommation et le dérèglement climatique. Le récent guide (Janvier 2020) de l’ADEME devrait aider les professionnels Guide ADEME.

Le sujet est très important et trop longtemps sous estimé. Après avoir essayé de changer la finance, les modèles économiques, il est temps de penser à nos imaginaires.

J’ai l’espoir que ce rapport pourra être utile et qu’il permette un meilleur dialogue entre l’ensemble des parties prenantes, j’ai trouvé chez l’ensemble des interlocuteurs des points de vue très documentés qui demanderaient à être davantage partagés.

 

 

 

Convention citoyenne pour le climat

J’ai eu la chance de participer samedi 16 novembre à la troisième session de la Convention Citoyenne pour le Climat. Ces sessions durent 3 jours, du vendredi au dimanche, interviennent à 3 semaines d’intervalle. Elles sont prévues jusqu’au rapport final élaboré par les 150 citoyens tirés au sort. Le Président de la République s’est engagé à ce que ces préconisations finales soient ensuite transmises soit pour vote au Parlement, soit par référendum.

 

Trois impressions se sont dégagées, toutes positives. D’abord, tout a été mis en œuvre pour que cette convention soit une réussite. Un comité de gouvernance a été mis en place, des observateurs sont présents dans toutes les salles. Les séquences sont variées entre travail de groupe, réunions en plénières et speed dating pour approfondir des questions particulières avec des intervenants.

 

Ensuite, pour y avoir passé une journée complète, d’abord en réunion de la commission « Consommer », puis en speed dating l’après-midi, j’ai trouvé les participants extrêmement attentifs et constructifs. Les personnes ne discutaient pas entre elles, ne consultaient pas leur smartphone et interagissaient beaucoup.

 

Enfin, à titre personnel, j’ai été heureux que deux des sujets qui m’intéressent particulièrement, la lutte contre l’obsolescence programmée et le rôle de la publicité dans la transition écologique aient spontanément été choisis par les 150 citoyens, ce qui a fait que le comité de gouvernance m’a sélectionné pour venir discuter de ces thèmes. Le fait que la relation entre ces sujets et la lutte contre le dérèglement climatique ait pu être détecté dans la deuxième session est donc plutôt très encourageant.

 

Un événement assez extraordinaire et porteur d’espoir.

 

Le rôle de la publicité dans la transition écologique

Une nouvelle mission sur la publicité

 

Les ministres Elisabeth Borne et Brune Poirson m’ont confié le 20 septembre dernier une mission relative au rôle de la publicité dans la transition écologique.

 

Cette mission qui m’est attribuée avec Géraud Guibert, Conseiller à la cour des Comptes et Président du Think tank La Fabrique Ecologique, comporte trois axes :

-un état des lieux des impacts de la publicité dans ses aspects économiques, sociaux et environnementaux,
-une analyse des avancées les plus significatives au niveau européen,
-des recommandations d’évaluation du dispositif actuel afin de bien inscrire le dispositif publicitaire dans une logique de transition écologique.

 

Cette mission s’inscrit dans la suite de mon précédent rapport sur la durabilité des produits et qui fut présenté à François de Rugy et Brune Poirson le 29 janvier 2019. Obsolescence programmée : le rapport Libaert pousse la réflexion du Gouvernement sur la consommation durable

 

Elle fait suite également à un rapport que j’ai rédigé sur le même sujet en 2017 pour la Fondation Nicolas Hulot. La publicité est-elle compatible avec la transition écologique ? | Fondation pour la Nature et l’Homme

 

Les auditions démarrent cette semaine. Le rapport doit être remis aux ministres à la fin du 1er trimestre 2020. Un premier rapport d’étape est attendu pour le 15 novembre, en lien avec les discussions parlementaires autour du projet de loi anti-gaspillage et pour une économie circulaire.

 

Extrait de la lettre de mission :