Quelle publicité pour un monde sobre et durable ?

Le rapport demandé le 20 septembre 2019 par les ministres Elisabeth Borne et Brune Poirson a été adressé aux directeurs de cabinet correspondants. Après leurs observations, il sera ensuite envoyé formellement aux 2 ministres.

Ce travail faisait suite à une précédente demande du ministère de la transition écologique sur la durabilité des produits. Ce rapport avait été présenté en janvier 2019 (disponible ici : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/obsolescence-programmee-rapport-libaert-pousse-reflexion-du-gouvernement-sur-consommation-durable) et à un rapport sur le même sujet du rôle de la publicité dans la transition écologique que j’avais rédigé en 2016 pour la Fondation Nicolas Hulot (disponible ici : http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/pub_et_transition.pdf).

 

Ce nouveau travail pour lequel j’avais proposé à Géraud Guibert, conseiller à la Cour des Comptes et Président du Think Tank La Fabrique Ecologique de travailler avec moi, fut assez conséquent. Nous avons auditionné une trentaine d’organisations ou d’interlocuteurs, et au final plus d’une centaine de personnes ont été rencontrées.

CONSTAT:

Mon constat est que l’approche globale reste encore peu propice à un consensus solide. Pour de nombreux publicitaires, la publicité n’est qu’un outil au service de la vente, un reflet de son époque et de toute manière le consommateur est suffisamment intelligent pour décrypter les messages qui lui sont adressés. Difficile de faire bouger les lignes dans ces conditions. Heureusement, les mentalités évoluent, une prise de conscience a émergé et la communication responsable apparaît désormais celle qui interpelle la responsabilité même du communicant et donc du publicitaire face aux grands enjeux de la transition écologique.

 

Le rapport que nous avons remis comporte plus d’une vingtaine propositions qu’il appartiendra aux pouvoirs publics de dévoiler.

PERCEPTION:

Pour ma part, je considère que la publicité stricto sensu ne doit pas devenir le bouc émissaire des critiques contre notre système de consommation parce qu’elle ne constitue qu’une partie réduite d’un système de communication où interviennent les médias propriétaires (site web, vitrines), les dépenses gagnées par les actions d’influence, notamment sur les réseaux sociaux et tout ce qui concerne le marketing et qui échappe actuellement à toute réglementation, à l’exemple du packaging des produits.

 

J’ai l’espoir que ce rapport pourra être utile et qu’il permette un meilleur dialogue entre l’ensemble des parties prenantes, nous avons trouvé chez l’ensemble de nos interlocuteurs des points de vue très documentés qui demanderaient à être davantage partagés.

 

Je termine en remerciant tous ceux qui sans avoir été formellement auditionnés, ont participé à ma réflexion par leurs conseils amicaux, notamment Julien Intartaglia (Haute Ecole de Gestion, Neufchâtel), Mathieu Jahnich (Sircome), Yonnel Poivre Le Lohé (Blog de la communication responsable), Gildas Bonnel (Sidièse), Rita Fadh (FNE), Alma Dufour (les Amis de la Terre).