Jean QUATREMER - Les salauds de l’Europe

Jean QUATREMER. Les salauds de l’Europe. Calmann-Lévy.

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Jean QUATREMER. Les salauds de l’Europe: Guide à l’usage des eurosceptiques. Calmann-Lévy. 2017. 318 pages.

Un régal de lecture. L’auteur connaît parfaitement l’ensemble des rouages européens et a pu côtoyer la plupart des acteurs. Jean Quatremer a la dent dure contre certains responsables et notamment à la Commission Européenne ou au Conseil de l’Europe, mais toujours en démontant les nombreux mythes qui circulent.

L’auteur rappelle que l’Europe est un espace de paix, couronné par un prix Nobel en 2012 et qu’elle concentre 50 % des dépenses sociales de la planète. Déjà, en janvier 1925, Edouard Herriot, président du Conseil des ministres déclarait « Mon plus grand désir est de voir un jour apparaître les Etats-Unis d’Europe ». Presque 100 ans plus tard, nous en sommes loin, et l’objectif est surtout de bien faire fonctionner l’Europe existante. J’ai appris qu’il y avait, toutes institutions communautaires confondues, 56 000 personnes salariées par les institutions européennes à Bruxelles.

Bilan de faillite

Régis DEBRAY. Bilan de Faillite. Gallimard.

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Régis DEBRAY. Bilan de faillite. Gallimard. 156 pages.

Un peu convenu dans la forme (Un père écrit à son fils bachelier pour lui donner des conseils pour son avenir), le livre est superbement écrit et la vie passionnante de Régis Debray mérite que l’on prête attention à ses recommandations. Les formules sont brillantes, ainsi lorsqu’il évoque la mission ministérielle dont les résultats vont « rejoindre le tombeau du rapport inconnu ». Beaucoup de citations comme celle de Clémenceau « Pour être ambassadeur, il ne suffit pas d’être con, il faut aussi être poli ». J’ai apprécié ses formules « Qui ne prend pas les transports en commun ne pourra jamais communiquer efficacement » ou « Trotsky fait rêver mais c’est le smartphone qui a changé nos vies ».

François HOLLANDE. Les leçons du pouvoir. Stock.

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François HOLLANDE. Les leçons du pouvoir. Stock. 410 pages.

Exercice d’auto-justification permanente dans lequel l’ex-Président plaide pour son bilan et ne se reconnaît aucune erreur. On n’apprend pas grand-chose, à l’exception de quelques anecdotes. J’ai bien aimé la formule à l’égard des frondeurs « ils ne maniaient pas une fronde, mais un boomerang » (p. 201).

Fondation Robert SCHUMAN. L’état de l’Union 2018

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Fondation Robert SCHUMAN. L’état de l’Union 2018: Rapport Schuman sur l’Europe. Editions Marie B. 366 pages.

A l’approche des élections européennes où beaucoup d’approximations vont être énoncées, cet ouvrage présente un diagnostic précis de l’Union Européenne avec, à chaque fois, les meilleurs experts du sujet. Sur l’Europe sociale, les nouveaux clivages politiques (le clivage Européen-souverainiste va-t-il remplacer le clivage gauche-droite ?), les politiques économiques…
La deuxième partie expose de nombreuses cartes et tableaux très pédagogiques. J’ai particulièrement apprécié l’article de Jean-Dominique Giuliani, le président de la Fondation Robert Schuman, qui montre le décalage entre la perception d’une Europe figée et la réalité des avancées permises par l’Union. Clair, pédagogique, précis. Bravo.

Un récit de Fukushima. Le directeur parle.

Franck GUARNIERI et Sébastien TRAVADEL. Un récit de Fukushima. PUF.

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Franck GUARNIERI et Sébastien TRAVADEL. Un récit de Fukushima. PUF. 205 pages.

Ce récit de l’audition du directeur de la centrale de Fukushima qui a explosé en mars 2011 est assez extraordinaire pour qui s’intéresse à la gestion de crise. Il montre que derrière les procédures existe une forte dose d’incompréhension entre les acteurs et une improvisation importante et souvent constructive. Le directeur indique que l’ambiance en salle de crise était fréquemment à la confusion, avec des rapports qui se succèdent sans discontinuer. « J’étais davantage occupé à communiquer avec l’extérieur qu’à donner des directives ». Et pourtant, chose ahurissante, lorsqu’on lui demande si le siège était au courant de ce qu’il faisait, il répond négativement en indiquant avoir coupé la liaison entre la cellule de crise et le siège : « Le siège n’a pas besoin de savoir tout cela » (p. 67). Masao Yoshida, le directeur, indique également la difficulté de faire venir des secours : « Pour être clair, tout le monde a fui, et personne n’est venu ». Un livre captivant et inquiétant.

Robert KENNEDY. 13 jours, la crise des missiles à Cuba.

Robert KENNEDY. 13 jours. Pluriel.

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Robert KENNEDY. 13 jours, la crise des missiles à Cuba. Pluriel. 162 pages.

Cet ouvrage est extraordinaire. Il s’agit de notes prises par Robert Kennedy, un des principaux conseillers de John Kennedy, lors de la crise des missiles. On y apprend que le monde a été réellement à deux doigts d’une catastrophe nucléaire majeure. Pour ceux qui s’intéressent à la gestion de crise, c’est un livre majeur et je remercie Patrick Lagadec de me l’avoir fait découvrir. On apprend qu’il faut éviter que le Président soit en permanence en cellule de crise « car on en vient à faire des recommandations en fonction de ce que l’on pense que le Président veut entendre », que la pression anéantit certains là où elle fait surgir des forces insoupçonnées chez d’autres, que l’unanimité des opinions apparaissait dangereuse : « Le Président Kennedy voulait avoir autour de lui des gens qui posaient des questions, exprimaient des critiques ». Une lecture que je recommande fortement.

Bertrand PERIER - La parole est un sport de combat

Bertrand PERIER. La parole est un sport de combat. Jean-Claude Lattès.

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Bertrand PERIER. La parole est un sport de combat. Jean-Claude Lattès. 220 pages.
Je n’aurais pas lu ce livre si je ne l’avais pas découvert, abandonné ou perdu. L’auteur enseigne l’art oratoire à Sciences-Po et il est connu pour organiser le programme Eloquentia qui désigne les meilleurs acteurs. Je conseille les vidéos sur YouTube. Le livre est une incitation à développer son éloquence. On n’y apprend pas grand-chose et les conseils sont toujours simples : montrer son envie, ne pas lire ses notes, regarder son public, ne pas croiser les jambes, articuler, moduler sa voix et son rythme. Les paragraphes sur la prise de parole en situation de crise sont affligeants, mais l’ensemble est agréable à lire.

Dominique BOURG - Inventer la démocratie du XXIème siècle

Dominique BOURG (Sous la direction de). Inventer la démocratie du XXIème siècle.

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Dominique BOURG (Sous la direction de). Inventer la démocratie du XXIe siècle, l’assemblée citoyenne du futur. Les Liens qui libèrent/ FNH. 88 pages.
Un excellent petit ouvrage rédigé par un collectif d’auteurs (notamment Bastien François, Florian Augagneur, Loïc Blondiaux) mettant en évidence l’inadaptation de nos institutions par rapport à l’urgence écologique. Les auteurs proposent de transformer l’actuel Conseil Economique, Social et Environnemental en une « Assemblée citoyenne du Futur » et dont le rôle serait la prise en compte de l’impact à long terme des décisions politiques. Cette assemblée aurait un organisme dédié à la veille scientifique (Haut Conseil du Long Terme). Elle aurait un pouvoir d’initiative et d’alerte législative, un pouvoir de saisine du Conseil Constitutionnel et un pouvoir de demander une nouvelle délibération. Elle comprendrait 150 personnes dont 50 tirées au sort dans la population.
L’ouvrage est clair, précis et convaincant.

Yves-Paul ROBERT - Le despote-consommateur

Yves-Paul ROBERT. Le despote-consommateur. Plon.

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Yves-Paul ROBERT. Le despote-consommateur. Réflexions sur un monde de communications. Plon. 196 pages.
Associé à l’agence Havas, l’auteur expose ses idées sur la communication et le nouveau consommateur qu’il identifie avec les 5 « I » : Impatience, Infidélité, Immodestie, Intransigeance et Insatisfaction. Sur la gestion de crise, il écrit « gérer une crise est clairement devenu le marqueur le plus important de la performance d’un chef d’entreprise ». J’aime bien la phrase relative à la gestion de crise « Même lorsqu’on pense ne rien avoir à dire ou ne rien pouvoir dire, il faut apporter une réponse ». J’ai toutefois été déçu par ce livre trop disparate à l’exemple du dernier chapitre sur la nécessité d’éviter d’acheter sur les sites de vente en ligne étrangers et de privilégier « le French clic ».

Gaspard GANTZER - La politique est un sport de combat

Gaspard GANTZER. La politique est un sport de combat. Fayard.

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Gaspard GANTZER. La politique est un sport de combat. Fayard. 376 pages.

Le livre, relate la deuxième moitié du quinquennat de François Hollande par le conseiller en communication de l’Elysée. Ce n’est pas un essai de communication politique, mais plutôt un récit historique sous l’angle de la communication. J’ai beaucoup apprécié ce livre en raison de la sincérité et de l’humilité de son auteur. A l’heure où beaucoup se prétendent faiseurs de roi, Gaspard Gantzer montre les limites de la communication politique. Je retiens la formule « C’est dans les moments de crise qu’on se rend compte de ce qui a vraiment progressé » (p. 65). Le livre montre ce qui fut selon moi la faillite de la communication, à savoir l’absence de vision affichée au profit d’un court-termisme « Le chef de l’Etat veut toujours être au plus près, le plus réactif possible » (p. 68). Et par quelqu’un qui sait de quoi il parle « Plus possible de distinguer la communication interne de la communication externe, les séquences on des séquences off, les médias traditionnels des réseaux sociaux » (p. 180).